Carte Blanche : propos et programme

Cher public, chers amis,

 

Comme, contrairement à mon habitude, je ne vous parlerai pas en direct entre les morceaux cette fois, et je tenais à partager avec vous ces quelques mots, pensées, pistes de réflexion quant au projet Love has no borders. 

 

Quand l’HEMU m’a offert cette carte blanche, ce prix “encouragement à la créativité”, j’étais partagée entre deux sentiments : l’euphorie (être libre de choisir ce que j’allais créer, comment, et avec qui!) et le doute (par où commencer, que créer, comment et avec qui). Je ne savais qu’une chose : j’avais à coeur de présenter un projet qui me ressemble, tant par son thème, sa forme, ou les personnes présentes sur scène à mes côtés. 

 

J’ai souhaité d’abord réunir des artistes que j’ai rencontrés au fil de mes aventures musicales et avec lesquels je partage un éclectisme artistique en plus d’une belle amitié. Mattia et Denovane, rencontrés sur la Gaîté Parisienne à L’opéra de Lausanne ont tous deux des parcours éclectiques, puisqu’ils sont arrivés du hip-hop dans le classique. Cyprien est un acteur aux multiples univers et talents. Kazuaki a cette touche de folie qui lui permet de jouer de la contrebasse dans des registres classique, jazz voire contemporain. Gerry est un saxophoniste multiculturel, qui monte des orchestres de jazz dans divers pays, en plus de sa carrière solo. Silvia et Danijel nous arrivent de Vienne, et ont eux aussi deux facettes : classique et pop. Enfin Todd, qui est à la fois coach, pianiste, et qui n’hésite pas à se renouveler sans cesse, à m’accompagner dans mes idées parfois décalées, toujours avec bienveillance et brio. Sans oublier l’aide précieuse de Benjamin Knobil, comédien et metteur en scène avec qui j’avais adoré travailler sur L’enfant et les sortilèges, et qui a accepté de me donner conseils, coups de main et feedback dans ce projet qui parfois me dépassait. 

Des rencontres donc, humaines et artistiques, réunies ce soir pour dépeindre cet amour sans frontières. Mais pourquoi les thèmes de l’amour, et de la frontière?

 

La frontière est un thème qui me tient à coeur, un thème actuel dans sa dimension géopolitique, sociétal ou moral, mais surtout mental : la frontière, ce qui sépare, ce qui limite. J’ai donc pour but ce soir d’essayer de bâtir des ponts au-delà des frontières, ici musicales : ajouter du saxophone sur un lied classique qui n’en contenait pas, de la contrebasse là où il n’y avait qu’un piano ; aller d’un registre, d’un genre à l’autre, d’une époque  et d’une langue à l’autre, y trouver des similitudes, les faire dialoguer.

 

Et quel autre thème que l’amour pour ce faire? L’amour, universel, ici dépeint en 5 tableaux, dans lesquels j’espère que parfois vous vous reconnaîtrez. Ou comment exprimer la mort d’un amour? Händel et Tchaikovsky ont deux manières bien différentes de le pleurer, tout comme chacun d’entre nous ressentira la perte à sa façon. De même pour la séduction, l’échec ou l’extase. Les mille et une facettes, nuances et expressions de l’amour. L’amour comme moyen et fin.

 

Une carte ou page blanche qui s’est vite remplie d’encre et prend vie devant vous : une invitation au voyage au-delà des frontières, une exploration qui me ressemble dans sa diversité, ses prises de risque et sa spontanéité. Un projet en 5 tableaux, qui raconte finalement un peu mon histoire. Et peut-être aussi la vôtre. 

Et enfin un message, essentiel dans le contexte actuel : Imagine there is no borders….

 

Merci de m’avoir lue, merci d’être là, merci pour le partage.

 

 

 

 

 

I. LA MORT DE L'AMOUR

 

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)

6 Romances op. 6:

6. «Ach, tolka, tot ktoznal» (Seul celui qui connaît la solitude…)

(texte: Lev Mey d'après Goethe)

 

Christoph Willibald Gluck (1714-1787)

«Orphée et Eurydice», tragédie opéra en 3 actes:

«J'ai perdu mon Eurydice» (acte III)

 

Franz Schubert (1797-1828)

«Der Zwerg» (texte: Matthäus von Collin)

 

Georg Friedrich Haendel (1685-1759)

«Serse», opéra seria en 3 actes:

«Crude Furie» (acte III, scène 2)

 

 

II. LA SÉDUCTION

 

Camille Saint-Saëns (1835-1921)

«Samson et Dalila», grand opéra en 3 actes:

«Mon cœur s'ouvre à ta voix» (acte II)

 

Arnold Schönberg (1874-1951)

Brettl-Lieder:

5. «Mahnung» (texte: Gustav Hochstetter)

 

Georges Bizet (1838-1875)

«Carmen», opéra-comique en 4 actes:

«Séguedille» (acte I)

 

Jacques Offenbach (1819-1880)

5 «La Périchole», opéra-bouffe en 3 actes:

«Je t’adore brigand»

 

 

III. LA SOLITUDE

 

Kurt Weill (1900-1950)

2 «Je ne t’aime pas» (texte: Maurice Magre)

 

Francis Poulenc (1899-1963)

«Banalités», cycle FP 107 (texte: Guillaume Apollinaire):

«Hôtel» (n° 2)

 

Samuel Barber (1910-1981)

1 «Despite and Still», cycle op. 41:

«Solitary Hotel» (n° 4)

 

The Golden Fields

3, 4 Tango

 

 

IV. L'IMPOSSIBLE

 

Henri Duparc (1848-1933)

«Chanson triste» (texte: Jean Lahor)

 

William Bolcom (1938)

2, 7 «Cabaret Songs»:

«Song of the Black Max»

 

Benjamin Britten (1913-1976)

7 «Cabaret Songs», cycle (texte: W. H. Auden):

«Johnny»

 

Léo Ferré (1916-1993)

1 «La vie d’artiste»

 

Claude Nougaro (1929-2004)

2, 5 «Une petite fille»

 

 

V. L'ÉTERNEL AMOUR

 

The Golden Fields

3, 4, 5 «Pas de deux»

 

Jacques Brel (1929-1978)

1, 6, 7 «La chanson des vieux amants»

 

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Marina Viotti, direction artistique & chant

Todd Camburn, piano

 

1 Gerry Lopez, saxophone

2 Kazuaki Tsuda, contrebasse

3 Danijel Kralj, guitare

4 Silvia Pouce, violoncelle

5 Cyprien Colombo, chant & guitare

 

6 Mattia Galiotto, danse

 

 

 

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